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[1]Texte de Enola

Texte de Enola
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Paisible Coquelicot.

Il y avait cette fleur rouge posée sur le sol. Camille venait de sortir de chez elle et cette fleur était posée devant. Elle ne parvenait pas à distinguer quelle fleur c'était. Coquelicot ou tulipe. Peu importait, il avait pensé à elle. Elle se rapprocha. Coquelicot. C'était un coquelicot. Un peu fané, parce que les coquelicots ne tenaient jamais longtemps. C'était lui qui lui avais fait découvrir cette fleur. Elle se souvint. C'était l'été de leur 15 ans, la plus belle année de leurs vies. Ils s'étaient retrouvés tous les deux dans le même village, à la campagne, en vacances, chez leurs grands parents. Elle, timide, n'osait pas sortir de la maison. Elle passait ces journées à écrire. Elle adorait écrire. Lui, toujours prêt à aider les autres, était venu un jour pour aider son grand-père à faire le fromage, ce fromage au goût si amer. Il l'avait regardé, et lui avait sourit. Un sourire magnifique illuminant son visage. Le soir même, il était venu la chercher. Il l'avait emmené se promener, et puis, il avait cueillit un coquelicot et avait murmuré: "Les coquelicots ne doivent jamais être cueillis. Jusqu'à ce soir, je croyais que c'était la plus belle de toutes les fleurs. Mais je t'ai rencontré." Toute surprise, elle avait relevé la tête, et l'avait laissé l'embrasser.
Quelques jours avaient passés. Tous les matins, tous les après-midis, toutes leurs soirées, ils les passaient ensemble. Puis le drame était arrivé. Endormis dans un champs de coquelicot, ils n'avaient pas entendu le bruit de la moissonneuse batteuse. Le conducteur, Marcel, ne les avaient pas vus. Camille y avait perdu son bras. Le droit. Lui, avait disparu. Il s'était enfui, toutes ces affaires avaient disparues. Il n'avait rien laissé.
Pendant longtemps, Camille ne reçut aucune nouvelle. Souffrant de son bras, elle n'écrivait plus. Le coeur déchiré, elle ne savait plus que faire de son temps. Petit à petit, elle se remit à sourire. Elle rencontra de nouvelles personnes, et apprit à tout faire d'un seul bras. Lacer ces lacets ou tenir un livre. Tout ce qui paraissait si simple aux autres, était à ces yeux d'une insupportable complexité. Elle resta chez ces grands-parents, afin de les aider. Elle s'y sentait bien, elle avait toujours l'impression qu'il était là, quelque part avec elle. Puis, un an jour pour jour après leur première promenade, elle trouva un coquelicot sur le rebord de sa fenêtre en se levant. L'année suivante, ce fut sur un fromage qui venait juste d'être achevé.
Cette année, 10 ans plus tard, le coquelicot était tout simplement posé devant la porte. Des larmes coulèrent le long de ces joues, et souriante elle se tourna vers le lac. Elle ne lui en avait jamais voulu. Elle l'aimait tout simplement. Ou peut-être était-ce un souvenir qu'elle aimait...
Un jour, elle le reverrait elle le savait.

# Posté le mardi 25 mars 2008 16:26
Modifié le mercredi 09 avril 2008 08:24

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