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La voiture s'immobilisa sur le bas côté de la route. Une drôle de fumée s'échappa du capot. Abby donna plusieurs coups de poing sur le volant, ainsi, juste pour se calmer. Elle ouvrit la portière et posa ses deux pieds, perchés sur des talons aiguilles, sur l'asphalte brûlant. Elle regarda à gauche et à droite : Aucune habitation ou station service à l'horizon, juste le désert. Une vraie route californienne en somme.
Elle fouilla dans la boîte à gant et se saisit d'une trousse à maquillage. Elle fouilla parmi les rouges à lèvre et les mascaras jusqu'à trouver un paquet de Lucky Strike et un briquet. Elle s'appuya sur le capot de son automobile pour l'allumer et tira une bouffée d'air nicotiné puis une deuxième. Elle affirmait souvent que fumer était très vulgaire pour une jeune femme ; ceci-dit elle ne considérait plus cet argument comme valable une fois qu'il n'y avait plus personne pour la voir.
Elle se laissa aller à rêver et resta là, les yeux dans le vague, jusqu'à ce qu'elle aperçu un lézard. Elle s'accroupit pour le toucher quand il fila soudainement entre deux cailloux à proximité du pneu de sa voiture. Elle sourit et fut frappée de la comparaison qui pouvait exister entre cet animal et elle. Une simple bestiole à sang froid, méfiante qui s'enfuit dès qu'on l'approche de trop près ou qu'on souhaite s'en saisir. Il avait adopté le même comportement qu'elle vis-à-vis de ses nombreuses conquêtes.
Des hommes d'un soir, tendres et qui ne tarissaient pas d'éloges ou de promesses. Mais voilà : Abby n'aimait pas les promesses. Elle les trouvait trop volatiles. Elle en avait trop entendues et savait à présent très bien que les hommes ne les tenaient jamais. Autant avoir cette idée en tête dès le départ, ça limitait les déceptions et les soirées à écumer les bars. Elle ne cherchait plus de relations à long terme, juste de la tendresse et de l'attention à durée limitée. Elle n'aimait plus, elle consommait.
Le lézard était parti depuis longtemps, elle tira une dernière fois sur sa cigarette et la jeta dans le fossé. Elle entendit, au loin, le bruit d'un véhicule. Elle ne s'approcha même pas de la route pour faire un signe au conducteur et resta nonchalamment appuyée à son épave. La voiture s'arrêta en face d'elle. Le conducteur, un homme dans la trentaine, lui adressa la parole :
"_ Un problème? Une panne?
_ Non, je prends le soleil. "Répondit-elle, cynique.
Il sourit et lui montra le siège passager.
"_ Montez, je vous déposerai à la prochaine station."
Elle ne bougea pas, hésitante.
"_ Je vous le promet."
Abby s'avança et s'installa sur la banquette arrière. Quand elle fut certaine que l'homme ne pouvait pas la voir, elle fit la moue en soupirant. Des promesses, toujours des promesses...
Elle fouilla dans la boîte à gant et se saisit d'une trousse à maquillage. Elle fouilla parmi les rouges à lèvre et les mascaras jusqu'à trouver un paquet de Lucky Strike et un briquet. Elle s'appuya sur le capot de son automobile pour l'allumer et tira une bouffée d'air nicotiné puis une deuxième. Elle affirmait souvent que fumer était très vulgaire pour une jeune femme ; ceci-dit elle ne considérait plus cet argument comme valable une fois qu'il n'y avait plus personne pour la voir.
Elle se laissa aller à rêver et resta là, les yeux dans le vague, jusqu'à ce qu'elle aperçu un lézard. Elle s'accroupit pour le toucher quand il fila soudainement entre deux cailloux à proximité du pneu de sa voiture. Elle sourit et fut frappée de la comparaison qui pouvait exister entre cet animal et elle. Une simple bestiole à sang froid, méfiante qui s'enfuit dès qu'on l'approche de trop près ou qu'on souhaite s'en saisir. Il avait adopté le même comportement qu'elle vis-à-vis de ses nombreuses conquêtes.
Des hommes d'un soir, tendres et qui ne tarissaient pas d'éloges ou de promesses. Mais voilà : Abby n'aimait pas les promesses. Elle les trouvait trop volatiles. Elle en avait trop entendues et savait à présent très bien que les hommes ne les tenaient jamais. Autant avoir cette idée en tête dès le départ, ça limitait les déceptions et les soirées à écumer les bars. Elle ne cherchait plus de relations à long terme, juste de la tendresse et de l'attention à durée limitée. Elle n'aimait plus, elle consommait.
Le lézard était parti depuis longtemps, elle tira une dernière fois sur sa cigarette et la jeta dans le fossé. Elle entendit, au loin, le bruit d'un véhicule. Elle ne s'approcha même pas de la route pour faire un signe au conducteur et resta nonchalamment appuyée à son épave. La voiture s'arrêta en face d'elle. Le conducteur, un homme dans la trentaine, lui adressa la parole :
"_ Un problème? Une panne?
_ Non, je prends le soleil. "Répondit-elle, cynique.
Il sourit et lui montra le siège passager.
"_ Montez, je vous déposerai à la prochaine station."
Elle ne bougea pas, hésitante.
"_ Je vous le promet."
Abby s'avança et s'installa sur la banquette arrière. Quand elle fut certaine que l'homme ne pouvait pas la voir, elle fit la moue en soupirant. Des promesses, toujours des promesses...
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