[4]Texte de Camille

Texte de Camille
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La voiture s'immobilisa sur le bas côté de la route. Une drôle de fumée s'échappa du capot. Abby donna plusieurs coups de poing sur le volant, ainsi, juste pour se calmer. Elle ouvrit la portière et posa ses deux pieds, perchés sur des talons aiguilles, sur l'asphalte brûlant. Elle regarda à gauche et à droite : Aucune habitation ou station service à l'horizon, juste le désert. Une vraie route californienne en somme.
Elle fouilla dans la boîte à gant et se saisit d'une trousse à maquillage. Elle fouilla parmi les rouges à lèvre et les mascaras jusqu'à trouver un paquet de Lucky Strike et un briquet. Elle s'appuya sur le capot de son automobile pour l'allumer et tira une bouffée d'air nicotiné puis une deuxième. Elle affirmait souvent que fumer était très vulgaire pour une jeune femme ; ceci-dit elle ne considérait plus cet argument comme valable une fois qu'il n'y avait plus personne pour la voir.
Elle se laissa aller à rêver et resta là, les yeux dans le vague, jusqu'à ce qu'elle aperçu un lézard. Elle s'accroupit pour le toucher quand il fila soudainement entre deux cailloux à proximité du pneu de sa voiture. Elle sourit et fut frappée de la comparaison qui pouvait exister entre cet animal et elle. Une simple bestiole à sang froid, méfiante qui s'enfuit dès qu'on l'approche de trop près ou qu'on souhaite s'en saisir. Il avait adopté le même comportement qu'elle vis-à-vis de ses nombreuses conquêtes.
Des hommes d'un soir, tendres et qui ne tarissaient pas d'éloges ou de promesses. Mais voilà : Abby n'aimait pas les promesses. Elle les trouvait trop volatiles. Elle en avait trop entendues et savait à présent très bien que les hommes ne les tenaient jamais. Autant avoir cette idée en tête dès le départ, ça limitait les déceptions et les soirées à écumer les bars. Elle ne cherchait plus de relations à long terme, juste de la tendresse et de l'attention à durée limitée. Elle n'aimait plus, elle consommait.
Le lézard était parti depuis longtemps, elle tira une dernière fois sur sa cigarette et la jeta dans le fossé. Elle entendit, au loin, le bruit d'un véhicule. Elle ne s'approcha même pas de la route pour faire un signe au conducteur et resta nonchalamment appuyée à son épave. La voiture s'arrêta en face d'elle. Le conducteur, un homme dans la trentaine, lui adressa la parole :
"_ Un problème? Une panne?
_ Non, je prends le soleil. "Répondit-elle, cynique.
Il sourit et lui montra le siège passager.
"_ Montez, je vous déposerai à la prochaine station."
Elle ne bougea pas, hésitante.
"_ Je vous le promet."
Abby s'avança et s'installa sur la banquette arrière. Quand elle fut certaine que l'homme ne pouvait pas la voir, elle fit la moue en soupirant. Des promesses, toujours des promesses...


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# Posté le mercredi 26 mars 2008 09:56
Modifié le mercredi 09 avril 2008 08:25

[5]Texte de Chloé

Texte de Chloé

- Le problème avec Arthur, c'est qu'il ne m'écoute pas.
Esther laissait traîner son regard sur les brindilles qui craquaient sous ses sandales en cuir. Elle prit soudain conscience de ce qu'elle venait de dire.
- Et puis, ses idées sont toujours les meilleures à ses yeux, poursuivit-elle distraitement.
Le chien Cookie reniflait d'un air inspiré une touffe d'herbe à quelques mètres de là. Esther eut envie de sourire. Envie, seulement. Son chien n'avait même pas levé l'oreille à ses paroles. Pourtant, elle n'avait pas d'autre interlocuteur. Esther ramassa un long bâton rongé par les ans qui gisait sur le sol et s'en aida pour gravir le sentier en pente raide. Ses pieds s'enfonçaient profondément dans la terre aussi friable que du sable, rendant l'ascension encore plus difficile.
- Arthur arrive toujours le premier en haut, murmura-t-elle, le souffle court.
Cette pensée la revigora et répandit une fraîcheur imaginaire dans ses poumons brûlants. Cookie l'attendait déjà au sommet de la dune, trépignant d'impatience. Esther retrouva avec plaisir le sol plat sous ses pieds et jeta sa canne de fortune dans les hautes herbes. Cookie se précipita dessus en aboyant et disparut dans la végétation.
- Arthur dit toujours que Cookie doit avoir un grain...
Esther se rendit compte qu'elle parlait toujours au présent. Elle savait très bien ce qu'avait dit le psy à ses parents. "Elle ne supporte pas que cet... événement... appartienne au passé. Vous comprenez, c'est un choc émotionnel très rude pour quelqu'un de son âge. Elle s'en remettra." Non, elle ne voulait pas mais surtout ne pouvait pas utiliser l'imparfait. Pas pour parler d'Arthur, en tout cas. Pour le reste, c'était facile.
- Je chantais, tu chantais...
Devant elle s'étendait le paysage qu'elle avait vu si souvent. Ce petit embarcadère en bois entouré d'herbe verte. Le lac immense aux eaux bleues et sombres, impénétrable mais attirant, majestueux et intrigant, protégé d'arbres centenaires et de dunes immobiles. L'herbe tendre et froide sous ses orteils lui procurait toujours une sensation étrange. Elle se sentait soudain en communion avec la Terre, fille de la nature. Elle redevenait cet être vivant, vibrant, de passage dans le cosmos, éphémère, dont les joies et les peines étaient insignifiantes, dérisoires.
- Il chantait, nous chantions, v...
Sa voix se brisa. Sa souffrance était peut-être infime à l'échelle de l'univers, mais elle la rongeait de l'intérieur, l'étouffait, ressassait dans son esprit les mêmes idées. Elle la noyait de détresse. Cookie, à hauteur de son visage, le bâton entre les dents, poussa un petit jappement. Esther ne se souvenait pas être tombée.
- Nous chantions.
Elle se mit à pleurer. Elle venait de parler à l'imparfait. Elle venait de parler à l'imperfection de ce monde qui avait permis et même manigancé le départ de son unique frère. Oui, ils chantaient. Ils murmuraient des comptines de leur enfance ou criaient à tue-tête des airs entendus à la petite radio familiale dans un anglais approximatif. Du yaourt, disait Arthur en riant.
- Arthur est mort, dit-elle.
C'était la seule phrase au présent qu'elle pouvait prononcer, à présent. C'était la première fois qu'elle le disait de façon aussi crue et froide, directe et sans ambiguité. Cookie lécha ses larmes salées. Esther n'arrivait plus à s'arrêter de sangloter. Elle n'était plus capable d'autre chose. Elle ne verrait plus jamais son frère. Plus jamais sa présence rassurante, ses blagues cinglantes, son rire rocailleux et ses étreintes maladroites. Esther était vidée. Elle était morte le jour où elle avait appris son décès soudain et inattendu.
- Arthur, gémit-elle.
Elle se leva en titubant et cria son nom. Elle leva les yeux vers le ciel bleu et insensible et hurla ce nom, deux fois, trois fois, dix fois. Sa gorge lui faisait mal. Elle avait avancé jusqu'à l'embarcadère en bois vermoulu. Elle avisa soudain un point lumineux et rouge dans l'herbe. Elle se pencha et cueillit la fleur avec précaution. Arthur aimait beaucoup les coquelicots, se souvint-elle. Il disait que ça pouvait faire dormir. Et elle aurait aimé dormir en cet instant. Oublier sa douleur suffocante. Dormir et rejoindre son frère au pays des rêves. Dormir pour apaiser ses yeux rendus brûlants pour les larmes. Esther plissa les paupières et fixa les eaux effrayantes du lac. L'autre rive semblait être à des kilomètres. Une bourrasque fit voler ses cheveux et frémir sa peau.
- Arthur disait qu'un jour il traverserait le lac à la nage, dit-elle d'une voix encore tremblante. Il disait que quand sa maladie serait finie et qu'il serait redevenu fort, il irait à l'autre rive. L'autre rive, c'était son rêve à lui. Il me disait ne jamais essayer, car j'étais trop jeune, ajouta-t-elle en s'essuyant les joues.
Non, elle n'était plus jeune. Elle avait vieilli de dix ans en deux jours. Résolument, elle se débarrassa de son jean et de son gilet. Elle glissa le coquelicot dans le collier du chien et lui caressa doucement la tête. Cookie gémit, inquiet de voir sa frêle maîtresse braver le maître lac en justaucorps et petite culotte. Esther fixa une dernière fois cette autre rive et les rêves que son frère avait placés en ce lieu. Puis, elle dit simplement "Regarde-moi, Arthur" et plongea sans hésitation dans le liquide sombre et glacé. Cookie regarda, intrigué, la jeune fille défier les éléments et fendre l'eau dense sans relâche vers les espoirs de son frère.

# Posté le mercredi 26 mars 2008 10:24
Modifié le mercredi 09 avril 2008 08:31

[6]Texte de JoséfinElle a cru que l'image était celle-ci,cependant le texte est très bon à mon sens,c'est la raison pour laquelle je le poste.

Texte de JoséfinElle a cru que l'image était celle-ci,cependant le texte est très bon à mon sens,c'est la raison pour laquelle je le poste.
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Avec un geste rageur, je balançais le vieil ours, contre le mur bariolé de ma chambre. Oui c'est cela B-A-R-I-O-L-É. Pleins de couleurs qui flashent, ça donne de la vie à ma chambre toutes ces rayures. Quoi ça te dérange peut être? Parce que moi, j'aime quand c'est original, extravagant, bizarre même. Oui plus c'est bizarre, plus c'est fou, plus j'aime ça. Vas-y prend pour pour une folle si tu veux, de toute façon j'en ai rien à foutre. Et puis, de toutes façon, ils me prennent tous pour une tarée. Je les vois bien se retourner, les gens dans la rue, quand je passe avec mes cheveux rouge dynamite, mes hauts rayés aux couleurs fluos, mes jupes à franges et mes énormes collants striés de rose et de jaune. Et puis qu'ils aillent se faire voir moi j'aime quand ça claque, que ça flashe, je veux briller tel un soleil et illuminer ce macadam trop gris, sombre et triste, comme les gens qui le parcourent. Je les vois bien tous marcher, le nez baissé, tous pressés sans même prendre le temps de regarder autour d'eux. Qui s'est déjà arrêté, le temps d'une pause pour regarder les enfants courir, les nuages passer et les quelques vols d'oiseaux traverser le ciel. Moi je veux entendre les enfants rire, pouvoir me rouler dans l'herbe, et sauter dans les flaques comme une gamine.
Je veux que ma vie soit un feu d'artifice de couleurs. Oui je veux des arcs en ciel, de la lumière partout. Si seulement je pouvais balancer mes pots de peintures sur leur trottoirs gris comme je jette ma rage et ma rancune, emportés par les flots dévastateurs de ma colère. Ca y est, tu dois te dire "Cette fille elle est vraiment bonne pour l'asile". Bon je suis gentille mais faut pas trop me chercher non plus tu vois. Je suis quelqu'un de très contradictoire je ne sais jamais ce que je veux. Ou plutôt je suis grisée, lassée d'un monde où la superficialité règne où tout n'est d'indifférences. Ouais, j'ai envie de tout balancer par les fenêtres, de faire le ménage dans ma tête, du vide, oui du vide, je veux du vide, comme celui qui règne dans la tête des gens bornées vivant autour de moi. Combien de fois n'ai je pas entendu :
"Change, mais change Mélie!"
Mais je ne veux pas changer moi, c'est ça le problème je veux continuer à rire toute seule le soir, de cette vioix de crécelle façon grand mère, je veux que mon rire résonne à travers la nuit, et que je me mette à m'esclaffer de plus en plus fort, éblouie par le ridicule de la situation. Et tant pis pour les voisins qui viennent se plaindre:
"Hé vous pourriez pas dire à votre fille d'arrêter de hurler, il est minuit!!!"
Oh qu'il m'énerve celui là j'ai envie de lui répliquer que 'je ne crie pas je RIGOLE, pauvre inculte. Tu sais quand quand on étire sa bouche et qu'on fait sortir un son saccadé de sa poitrine. Tu devrais essayer parce vu la tête que t'as, tu dois pas te marrer souvent chez toi."
Un peu calmée, je ramassais la vieille peluche, qui semblait me fixer avec ses deux billes noires qui lui servaient d'yeux.
"Désolé, je n'aurai pas du te parler comme ça. Tu sais bien comment je suis quand je m'emporte hein?"
Je le serrai dans mes bras, mais soudain l'énervement me prit et je le lançai de nouveau.
"Vas pas croire que je t'aime non plus, vieille loque!"
Oui je suis très lunatique et alors, qu'est ce que ça peut te faire?!?
Avec un soupir je ramassais pour la troisième fois le vieil ours.
"Pffffffff tous des abrutis, non mais, j'te jure".

# Posté le samedi 05 avril 2008 10:05
Modifié le mercredi 09 avril 2008 09:12

[7]Texte de Justine

Texte de Justine


Indépendance fleurie?

Elle ouvrit la porte et prit sur elle pour ne pas la refermer directement au nez du sonneur. « Putain, il est 7 heures! J'ai cru que c'était important moi... Et non, même pas, tu viens me réveiller pour quoi là? Putain, tu le sais en plus que j'ai pas dormi de la nuit » Ca c'était ce qu'elle avait envie de dire mais elle n'eut pas le courage de s'énerver verbalement dès le matin. Ni physiquement d'ailleurs, alors elle lui fit un gentil sourire poli et fila dans son lit en laissant la porte ouverte. Il ferait bien ce qu'il voudrait, elle elle dormait!
Quelques heures plus tard elle rouvrit les yeux et ne se souvint des événements matinaux qu'en voyant le vase remplit de tulipes rouges et jaunes sur la table. Encore une fois elle se délecta de la chance qu'elle avait d'être dans cet appartement. Vraiment de la chance. Se lever maintenant, humer les fleurs, ouvrir l'enveloppe qu'elle avisa appuyée au vase et puis bosser. Bosser bosser. Jusqu'à l'après-midi et puis après elle aviserait. De toute façon c'était toujours pareil le dimanche matin. Elle émergea de son lit avec difficulté, elle détestait se réveiller deux fois dans une même journée. C'est pourquoi elle attrapa l'enveloppe pour la décacheter avec toute la violence dont elle s'était retenue d'user à 7 heures. C'était une lettre tout ce qu'il y a de plus banal, il lui demandait simplement d'aller le rejoindre au parc quand elle voudrait « Je t'y attendrai jusqu'à minuit... » Elle décida qu'elle irait vers dix heures du soir, juste histoire de le faire attendre... Qu'il soit aussi tendu qu'elle et aussi peu décidé qu'elle à parler sérieusement. De toute façon le dimanche elle ne pouvait pas envisager d'être vraiment sérieuse. De bonne humeur non plus... Les tulipes sentaient vraiment bon. C'était ses fleurs préférées, il le savait, mais l'amadouer n'était pas aussi facile... Il le savait aussi.
Elle s'installa à son bureau et une barre de céréales dans une main, son crayon fétiche dans l'autre. Et elle refit tout ce qu'elle avait vu en classe, elle copia les noms de toutes les choses à savoir, elle approfondit sur internet le tout et imprima, relut, nota, surligna, enfin, tout ce que doit faire une élève de Faculté de médecine qui veut réussir...
Quand elle eut terminé tout ce boulot il était déjà cinq heures. Bon, pensa-t-elle, maintenant reste à me préparer pour sortir un peu et me changer les idées. Elle enfila un maillot, un pantalon, ses converses rouges et puis un par-dessus kaki - dans lequel elle planta une tulipe rouge - et se coiffa joliment. Juste pour se trouver jolie dans le miroir, rien d'autre. Dans le miroir elle rencontra le regard d'une jeune fille au visage émacié, au cou osseux et aux épaules maigres, clavicule apparente. Une sorte de sac d'os songea-t-elle. De toute façon elle n'avait pas le choix de son apparence, c'était comme ça et pas autrement... C'était ça la Fac, boulot boulot boulot, tellement que bouffer devenait un loisir. En plus elle n'avait jamais vraiment aimé ça alors...
Dehors il faisait un froid de canard. Ou de frigo, de congélateur, enfin, des trucs plus froids qu'un pauvre canard quoi! Elle croisa les bras sur sa poitrine et marcha jusqu'au parc, de toute façon il fallait bien y aller et puis la colère s'était dissipée pendant qu'elle travaillait. Il était là, tranquillement assis comme toujours avec un livre. Cette fois c'était du Hemingway, elle aimait beaucoup Hemingway, elle décida donc de s'efforcer d'être gentille. Il lui demanda poliment si elle allait bien et elle lui répondit par un sourire « Que me veux-tu? » Alors il rougit et elle sentit l'irritation monter dans son ventre. Elle détestait les garçons timides et lui il l'était plus que de raison, tout pour l'agacer au plus haut point. Il lui sortit son long speech qu'il avait dû préparer assidument devant son miroir. Comme une récitation. Et ça faisait longtemps qu'ils se connaissaient, et blabla... Gnagna... ça durait tellement qu'elle le fit taire d'une phrase « Tu ne me plais pas du tout Gangster, 4 ans qu'on se connait ou pas tu ne me plais pas du tout, que j'ai couché avec toi ou pas ne change rien, tu ne me plais PAS! » Il vira une nouvelle fois au rouge tomate et se leva pesamment. « Tant pis... ». Elle le regarda partir avec un léger rictus, ça faisait du bien de l'envoyer balader une bonne fois pour toute... Parce que depuis 4 ans qu'ils se connaissaient elle attendait ce moment avec impatience mais avec angoisse. Ce pourquoi elle ne lui avait pas assené la chose avant. Elle s'aperçut qu'elle portait une tulipe à sa veste et l'en décrocha, huma le parfum une dernière fois et la posa sur le banc pour l'écraser avec sa chaussure.
C'était 18h et il était nuit. Vraiment elle n'aimait pas l'hiver. La nuit il faisait très froid, son blouson ne suffisait vraiment pas. Grelottante elle rentra à l'immeuble et toqua à la porte de son voisin, il avait un poêle plus chaud que son chauffage et il racontait des histoires merveilleuses. Dommage qu'il ait 80 ans elle s'en serait volontiers satisfaite... Mais bientôt il ne serait plus là et elle devrait finir ses soirées en solitaire... Mais ils avaient le temps, alors autant profiter de leur complicité actuelle. Ce soir-là il lui raconta une histoire où il était question de fleurs, elle dit « Des tulipes! » et il accepta. C'était l'histoire d'un homme qui était fasciné par les tulipes.
Elle rentra chez elle, gargarisée par l'histoire et elle mangea distraitement, pensant encore aux tulipes de l'histoire et à son ami qu'elle venait d'envoyer chier. Une bonne chose de faite. Restait plus qu'à réussir le concours de la première année maintenant. Demain elle irait en cours. Après-demain aussi. C'était une suite de jours studieux. Heureusement qu'il y avait des fêtes fréquentes parce que sans ça elle n'aurait pas tenu le rythme, même avec son conteur de voisin. Elle piqua une autre tulipe, une jaune cette fois, dans le vase et se coucha avec. Ce parfum... vraiment c'était la chose la plus délicieuse du monde. Comme de se sentir adorée sans adorer en retour. Une véritable jouissance. Le sommeil la surprit en plein milieu d'une équation, de toute façon c'était fait exprès.

# Posté le samedi 05 avril 2008 10:05
Modifié le mercredi 09 avril 2008 08:31

[8]Texte de Justine

Texte de Justine
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Rupture avec une fille. Renouveau avec une passion.

Wezen reporta son regard sur la jeune fille. C'était un véritable démon. Une beauté fulgurante mais un démon. Depuis tout à l'heure elle le faisait tourner en bourrique et il ne savait plus où donner de la tête tant elle était odieuse. Elle lui cracha la fumée de sa cigarette à la figure et il se retint de tousser, le provoquer c'était tout ce qu'elle cherchait. Et il ne comptait pas à ce qu'elle gagne. Elle se redressa et fit le tour de la voiture, s'y affalant, pleinement consciente que sa poitrine ressortait et qu'il ne pourrait s'empêcher de se laisser séduire. Manipulatrice. Elle faisait des ronds maintenant avec la fumée de sa cigarettes. En faisant des formes sensuelles avec sa bouche... un sex-appeal extraordinaire. Comment faisait-il pour ne pas retomber dans le piège comme autrefois? Certainement le charme était-il rompu. Il la connaissait si bien à présent que même tout ce joli manège ne l'émut qu'à peine. Quelque chose s'était cassé entre lui et elle, entre cette bombe sexuelle et lui. Elle le fixa dans les yeux et rougit violemment. C'était la première fois qu'il la voyait rougir. C'était la première fois qu'elle voyait de l'indifférence dans le regard d'un homme qui la regardait. Encore plus si c'était Wezen. L'humiliation lui arriva droit dans la figure et la fit rougir. Toute la figure de la jeune femme s'empourpra, son cou aussi et ses seins rosirent dans leur corsage. En effet, une ère nouvelle commençait. Elle écrasa sa clope sur le capot rutilant de la voiture et s'avança vers lui, elle voulait voir si tout était définitif. Il la repoussa sans violence, simplement il n'avait aucune envie d'elle. « Tu as rencontré quelqu'un d'autre? » la demande le fit ricaner. Comme si le fait qu'elle ne l'excite plus venait du fait qu'il avait quelqu'un d'autre en tête. Il fit non de la tête et il vit à quel point elle était vexée. L'humiliation de sa vie apparemment. Elle l'abandonna là, seul avec la voiture, elle ne voulait plus rien entendre, voulait simplement faire du stop pour trouver quelqu'un de plus amène que lui. Il ne se fit pas prier et il la laissa ainsi sur le bord de la route dans sa robe à pois, celle qu'elle préférait. Joyeux au volant de la belle voiture il sillonna les routes jusqu'à se trouver une auberge acceptable où il passa la nuit. Sa première nuit sans elle. C'était génial. Un grand lit pour lui tout seul, plus une seule remontrance de la part de l'autre, plus personne pour venir lui lécher la joue alors qu'il voulait dormir ou lire un livre. Plus personne pour l'agacer et le faire entrer dans une colère terrible. La belle vie de célibataire (tout homme est célibataire tant qu'il n'est pas avec ce monstre de femme) était à lui et il comptait bien en profiter. Il fit une grasse matinée comme il n'en avait pas fait depuis des années, il déjeuna comme un ogre et se prépara une journée lecture des plus réjouissante. Il avait prévu son coup et déballa les quatre bouquins qu'il essayait de commencer depuis 3 ans qu'il était avec Célia. En fait c'était surtout son inculture et sa haine de la culture en général qui l'avait agacé le plus. Elle se moquait de lui et de son savoir. Elle l'avait méprisé pour ça et avait jalousé ses livres qu'elle avait caché dans les quatre coins de la maison. C'était ça qui avait détruit toute l'admiration qu'il avait pour elle. Promis, c'était la dernière fois qu'il pensait à elle. Se glissant dans les draps il lut la première phrase du premier livre « Mes yeux se mirent à cligner parce que la lumière leur faisait mal » et il plongea dans ce qui lui avait le plus manqué depuis son célibat.

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# Posté le samedi 05 avril 2008 10:05
Modifié le mercredi 09 avril 2008 10:19