[1]Texte de Esther

Texte de Esther

Deux amis allongés sur un lit, les yeux au plafond.

- « Dis moi Matthias, qu'est-ce que tu penses du bonheur ? C'est quoi pour toi ?
- Le bonheur ? Je sais pas trop... c'est d'avoir pas mal de fric, de pouvoir t'acheter sans compter ce qui te fait envie... L'argent fait le bonheur.
- C'est faux, l'argent ne fait pas le bonheur non. Regarde Heath Ledger par exemple, suicide. Pourtant il en avait du fric. L'argent ne fait pas le bonheur, non. Avec de l'argent, tu achètes quoi ? Une voiture, une villa avec piscine, un home cinéma ? C'est ça le bonheur pour toi ?
- Hey ! Ne m'attaque pas, je répond juste à ta question... Et puis tu sais très bien que je ne suis pas matérialiste. Un home vidéo, moi j'm'en tape complètement. Par contre, la voiture et la belle maison, je ne cracherais pas dessus... Mais ne me dit pas qu'une grande maison avec un jardin et tout le luxe nécessaire vaut largement plus qu'un appart miteux dans une grande ville...
- Si, et de loin. Tu peux très bien partager de supers moments avec un proche ou la personne que tu aimes dans un studio, ou un appartement, et te retrouver tout seul dans une grande maison, trop vide. Ta maison avec piscine, ta voiture. A quoi ça sert si c'est pour s'en servir tout seul ? Achète un studio et un vélo dans ce cas. C'est jeter l'argent par les fenêtres, et le « bonheur » d'avoir une Mercedes ou je sais pas quoi, ça ne dure qu'un temps...
- Alors c'est quoi pour toi le bonheur, mademoiselle ?

Matthias se redressa pour fixer sa meilleure amie.

- Ma famille, mon homme, mes études. Je suis très fière de mes petits frères. Ethan, Esteban et Ellie se débrouillent tout les trois très bien à l'école. Ethan sait ce qu'il veut faire de sa vie. Il bosse. Esteban a de grands projets il s'en donne aussi les moyens. Ellie lui, a sept ans aussi se débrouille. Quand je rentre chez moi le week-end, ils sont contents de me revoir, je passe des moments de complicité avec chacun d'eux, c'est le top. Pour ce qui est d'Anthony, notre vie à deux est super. On s'aime tout les jours un peu plus. On roule pas sur l'or, alors on a un appart, mais comme on dit : « Il vaut mieux un petit chez soi, qu'un grand chez les autres ». On est ensemble, et c'est ça le plus important. Puis je fais quelque chose que j'aime vraiment. Je suis passionnée par mes études. Depuis le début, Anthony est super fier de moi. Alors oui Matthias, pour moi c'est ça le bonheur. C'est eux.
- Oh arrête un peu ! Tu vas me sortir les vieux clichés après. « Le bonheur c'est de sortir de la douche et d'avoir une serviette toute chaude, c'est de se réveiller trop tôt et de se rendre compte qu'on peut encore dormir un peu et bla bla bla... » C'est ça le bonheur ? Bah ma pauvre, tu dois bien t'emmerder dans ta petite vie. Parce que c'est vraiment pas le plus important.
-Hey, baisse d'un ton s'il te plaît ! Forcément que tu n'adhères pas à ces clichés. A quoi bon profiter de tout ces petits moments seuls ? Tu ne peux pas rire à en avoir mal au ventre, tout seul. Tu ne peux pas partager un gâteau d'anniversaire. Tu ne peux rien faire...
- Pourtant il vaut mieux être seul que mal accompagné parfois, crois moi... C'est avec du fric que tout commence. J'aurais d'abord cette grande maison, cette voiture. Et j'en profiterais. Vraiment. Parce que le bonheur c'est de profiter de la vie. Alors j'irais en boîte, je sortirais. Je connaîtrais des tas de filles, toutes plus belles les unes que les autres. Je boirais. Je voyagerais. Je sortirais. Cinéma, casino, restaurant. Le grand panard... Le vrai bonheur quoi.
- Tout seul ! Matthias... moi aussi j'irais au ciné, je voyagerais. Moins souvent, parce que je bosserais pour gagner ma vie. Puis j'aurais des enfants. Et je serais une femme comblée, mariée et maman. Chaque jour aux côtés de l'homme de ma vie. Dans un appartement, et dans une maison plus tard, si on pourra se le permettre. C'est tout. Mon bonheur, c'est lui, et eux. Mon bonheur ce sera lui, et eux. C'est tout. Le bonheur en s'achète pas. C'est tout.
- Mouais... de toute manière on ne peut jamais parler de ça avec toi... Alors si tu veux Elise. Si tu veux... »

Il reposa la tête sur le lit, poussant un soupir.

# Posté le mercredi 14 mai 2008 12:49
Modifié le mercredi 21 mai 2008 01:16

[2]Texte de Justine

Texte de Justine
Judine Bleue,
7 rue de monbalcon,
18006 Leparadis.
12.05.2008


Bonjour monsieur. Je souhaiterais vous faire part de ma réponse à votre invitation par ce moyen pour lequel je suis connue, l'écriture. De plus j'aime particulièrement le genre épistolaire donc je me fais plaisir en vous répondant par ce procédé aussi vieux que le monde qui vous entoure. Votre proposition m'a tout d'abord dérangée. C'est vrai, c'est une demande quelque peu inaccoutumée que de vouloir faire parler un écrivain de sa vie privée. C'est même une demande bien singulière que j'ai d'abord voulu traiter par le mépris pour que vous vous passiez de ce toupet qui n'est pas franchement pour plaire aux artistes. Suis-je une artiste? Dans ce contexte oui puisque vous m'invitez dans une émission culturelle. Pourquoi vouloir que je vous conte ma vie privée? C'est la question que je me pose depuis votre invitation. Pourquoi vouloir m'exposer? Vous ne vous exposez pas vous-même et je crains que personne ne veuille se trouver dévoilé publiquement par un animateur fervent d'audience. Donc j'ai réfléchi, beaucoup. Et puis de toute façon, quel est le but de tout ça? Voulez-vous montrer aux gens que les artistes ne sont pas plus des marginaux que les autres, qu'ils triment dur et sont rétribués pour leurs efforts? Vous voulez prouver au monde entier que nous sommes des gens normaux? Avec les mêmes moeurs que les autres et les mêmes préoccupations matérielles? Mais ceci tout le monde le sait aujourd'hui. Le monde est bien informé et il n'est pas naïf au point de nous croire privilégiés. Nous le sommes certainement privilégiés, mais pas plus qu'un homme d'affaire. On nous reconnaît dans la rue et on nous offre des verres parce qu'on aime notre travail c'est tout... après... nous allons chercher nos enfants à 16h30, nous mangeons dans des assiettes deux fois par jour et nous prenons un petit déjeuner. Nous lisons et nous regardons la télévision, nous sommes complètement banals et notre vie n'a d'intéressant, publicitairement parlant, que notre compte en banque et la manière dont nous le remplissons. Donc ma réponse était non, je ne voulais pas venir parler de ma vie privée en public. Elle est à moi et rien qu'à moi, c'est d'ailleurs pour ça qu'on l'appelle vie privée.
Néanmoins j'aime beaucoup parler de moi. C'est un fait, je suis une femme très narcissique et très bavarde quand il s'agit de penser à haute voix. C'est peut-être mon métier qui veut ça, je n'en sais rien et là n'est pas la question. J'aime donc parler de moi. Au présent, au passé et au futur. Ensuite ma vie comme je vous l'ai dit n'a rien d'extraordinaire, je ne suis ni Rimbaud ni Cendrars ni aucun de leurs semblables, je ne suis que Judine Bleue, une jeunette qui écrit et qui aime voyager faute d'aimer stagner. Je n'ai ni enfant ni conjoint, ma vie sentimentale n'a rien de particulier, je vis comme beaucoup de célibataires, au jour le jour et tranquillement, sans me poser de questions. Peut-être ma vie fera-t-elle rêver plus d'une petite fille rêveuse parce que je fais ce que j'ai envie de faire, toujours, parce que je n'ai rien d'un auteur cloitré 24 heures sur 24 dans sa chambre à noircir des pages: j'écris dans n'importe quel endroit et je déteste rester sur place. J'aime le soleil et la lumière donc je sors beaucoup, un cahier toujours rangé dans mon sac et je me promène aux quatre coins du globe quand ça me chante. Je vis de toutes ces sources d'inspiration et de tous ces paysages... c'est merveilleux. Donc peut-être qu'en ça ma vie est différente de celle des autres. Parce que je n'ai pas d'attaches et que je me balade très facilement grâce à mon compte en banque bien garni, grâce à mes lecteurs en somme. Faire rêver les gens c'est ce que j'aime (avec les faire réfléchir bien sûr), leur faire prendre conscience qu'ils peuvent faire ce dont ils ont envie, que c'est très facile la vie contrairement à ce qu'ils croient tous. Quand j'étais petite je crois que je me serais coupé un doigt pour connaître la vie de mes auteurs favoris donc je crois que c'est aussi pour ça que j'ai été tentée d'accepter. Je n'ai pas vraiment de choses à cacher, je ne suis pas agent secret et ce pourrait être une expérience intéressante, autant pour moi que pour le publique. Une petite réflexion sur moi-même, savoir quoi dire et quoi occulter... vous allez certainement me poser des tas de questions tordues auxquelles je ne serai pas préparée et c'est un peu une aventure. Et je suis quelqu'un qui aime les aventures, donc je tente. J'accepte votre proposition à condition de ne pas voiler mes paroles. Je veux que tout ce que je dise soit pris en compte et je ne veux qu'on n'y rajoute rien. Si c'est ma vie privée c'est aussi mon éloquence et mon bon vouloir. Si je vous accorde de vous apprendre quelles sont mes activités quotidiennes j'ai entièrement le droit de prendre les décisions.
En conclusion vous avez votre réponse, je suis libre tous les jours de cette semaine et la semaine prochaine, contactez moi si l'envie vous dévore toujours de connaître mes vices et mes vertus.
Amicalement,
Judine.


PS: n'oubliez pas que c'est ma vie que je raconterai. Personne ne pourra en vérifier l'authenticité.
# Posté le dimanche 18 mai 2008 05:47
Modifié le mercredi 21 mai 2008 01:16

[3]Texte de Mimosa

Texte de Mimosa
Le lancer de ballons


Scène 1.
Coronille est seule sur scène, la scène étant un immense salon meublé uniquement d'un canapé blanc dos à la fenêtre. La fenêtre est une baie donnant sur la mer. Il y a un tapis au sol, vert. Coronille joue avec un ballon de baudruche bleu, elle le lance au plafond et le rattrape, le lance, le rattrape...
Iwan entre sur scène, il n'est pas rasé et son regard est hagard.


Iwan_distrait. Salut Coronille... Tu vas bien? Qu'est-ce que tu fais? Je peux aller prendre une douche dans ta salle de bain?

Coronille_ Bien sûr. Iwan sort de scène, on entend un bruit d'eau. Tu vois, je joue avec un ballon, j'adore ça... c'est tellement léger que ça vole très haut et que ça redescend hyper-lentement. J'adore ça... en plus c'est très joli! J'aime beaucoup cette matière... le latex. C'est ce qu'on utilise pour les préservatifs non? Je ne sais pas, je ne porte pas de préservatif... tu vois, c'est ça, c'est les garçons qui portent des préservatifs, nous on en porte pas, nous on est tranquilles de ce côté-là... sauf que les féminins ça existe aussi maintenant. Mais je m'en fous moi, je n'utilise pas ces contraceptions là... Oh qu'il est beau ce ballon! Elle le garde un peu dans ses mains, le tourne et le retourne en souriant béatement. Puis elle le renvoie au plafond et recommence son jeu. Je vais mettre un peu de musique, cet appartement est trop silencieux et j'ai envie de boucan. Oui, une bonne musique qui bouge comme ça je danserai avec mon ballon. Oh oui, danser... ça fait tellement longtemps que je n'ai pas dansé... la dernière fois c'était la semaine dernière. Au bal des pompiers. C'était génial. Depuis je n'ai plus dansé. Enfin, pas vraiment... j'ai bougé sur de la musique hier et avant-hier mais ce n'était pas une danse. Alors, qu'est-ce que je pourrai mettre comme musique? Elle sort de sa poche un poste radio et une pile de CDs Elle ouvre plusieurs boites qui s'avèrent vides et finalement en trouve une avec un CD. C'est un CD de rock, elle met le volume à fond et se met à danser en rythme, les bras autour du ballon contre son ventre. Elle danse danse et finalement le ballon bleu éclate. Elle sort de sa poche un sachet plein de ballons et en gonfle un jaune qu'elle glisse sous son T-shirt. Comme ça on dirait que je suis enceinte... enceinte de qui d'abord? Du chanteur là. Oui, il a une belle voix et il a du tonus, ce sera le père de mon ballon. On se sera rencontré dans les plaines d'Andalousie, je ne sais pas s'il y a des plaines en Andalousie... Iwan, y-a-t-il des plaines en Andalousie? Iwan rentre sur scène, les cheveux mouillés et un reste de savon dans le cou. Il prend Coronille par les hanches et esquisse quelques pas de danse avec elle. Il s'affale sur le canapé et elle lui tend le sachet de ballons. Il en prend un et le gonfle. Il joue le même jeu qu'elle plus tôt, il lance le ballon au plafond distraitement.

Iwan_ Je ne sais pas mais je sais qu'il y a des plaines de partout. Il tourne la tête vers elle avec un petit sourire. Le ballon retombe mollement sur le sol. Tu ne me demandes pas comment s'est passée ma soirée?

Coronille_ elle sourit et hausse les épaules. Non, je ne te le demande pas. Parce que tu m'as l'air en très grande forme maintenant que tu as pris une douche et que tu t'es rasé. Maintenant que tu ressemble à un être humain tout à fait normal plutôt qu'à un fêtard qui rentre d'une fête à midi passé... et encore, qui ne rentre pas chez lui mais qui fait un détour par chez sa meilleure amie, parce que je suis ta meilleure amie, tu m'as l'air en très grande forme et sur le point de m'apprendre des bonnes nouvelles. Elle s'asseoit sur le tapis vers en tenant son « ventre ». Parce que si ça s'était mal passé tu ne serais pas passé par ici et tu serais aller cuver ton alcool et ta peine dans ton T2 et tu m'aurais laissé seule avec ma musique et mes ballons et tu serais pas venu tout à l'heure. Et je sais très bien que tu viendras tout à l'heure puisque tu viens de gonfler un ballon. D'une voix narquoise. Raconte moi ces bonnes nouvelles je t'en prie mon petit pentium.

Iwan_ Tu m'as l'air en grande forme aussi aujourd'hui toi!

Coronille_ elle montre son « ventre » toujours remplacé par un ballon. C'est grâce aux ballons.

Iwan_riant. Je vais t'offrir des ballons tous les jours alors si ça te fait cet effet... Donc en fait je te raconte tout ou juste les bonnes nouvelles en bref?

Coronille_ elle reprend son jeu du lancer de ballon au plafond. Tu fais comme tu veux mon processeur chéri, je ne suis qu'une écouteuse dans cette histoire, présentement. Distraitement. Tu sais pourquoi je ne suis pas venue hier soir?

Iwan_comme si c'était évident. Avec une grimace. Tu n'étais pas invitée, ils ne t'aiment pas beaucoup ces gens... ils te trouvent étrange et ils ont peur que tu foutes le bordel comme la dernière fois tu te souviens? Il rit. Bon, je vais faire court. Il mime ses paroles. Tu vois donc j'arrive déjà, anxieux comme pas deux, tendu comme un string et je sonne, j'attends un peu et Pipo vient m'ouvrir. Je suis content de le voir alors je souris, je suis de retour dans de bonnes conditions, la fête peut commencer. Je rentre dans le salon et je vois qu'il y a déjà plein de monde. Ils dansent ou ils causent sur les canapés, moi j'ai envie de danser. Parler c'est pour plus tard, quand on est fatigués tu vois. Donc je prends un verre, je pose mes affaires, je dis bonjour à tout le monde et je m'assois un peu. Je bavarde avec les uns et les autres, je fais connaissance avec pas mal de gens et finalement je vais danser. Je suis un peu fatigué mais je bouge bien, je suis content et détendu: c'est les effets primaires de l'alcool. J'adore ça. Et je danse, seul et accompagné, il n'y a que des belles nanas ou alors je n'ai pas fais gaffe aux boudins. La musique est bonne, les filles sont en forme, je drague un peu et je continue à faire connaissance avec les gens. Je danse pendant un bon bout de soirée et puis la tête me tourne alors je vais m'asseoir sur un canapé, entre deux filles qui m'offrent à bouffer. Je mange un peu, je n'ai pas très faim, j'ai surtout soif. Soif de tout en fait alors je leur parle, je parle sans même m'en rendre compte et elles sont intéressées autant qu'intéressantes. Je cause je cause et elles me répondent. Je retourne danser jusqu'à plus de quatre heures. À quatre heures précises, j'ai regardé sur l'horloge, je m'assois et je drague un peu pour la forme. Et ça marche parce qu'une fille que je trouvais très belle en entrant dans la salle se laisse faire et m'entraîne dans la chambre où on fait l'amour dans le plus simple des appareils et c'est génial. On fait l'amour plusieurs fois tu vois parce qu'on s'entend bien et puis je suis encore avec elle aujourd'hui, ce n'est pas qu'une aventure sans lendemain, elle est là aujourd'hui et je l'ai connue ce matin. C'est génial, elle est géniale et nous deux ça va durer, je le sais, elle le sent et moi aussi je le sens. Elle viendra cet après-midi avec nous. Ça ne t'embête pas hein? Bon, et puis après, quand on a terminé notre besogne on se faufile en dehors de chez nos hôtes sans rien ranger, on est malpolis mais on s'en fiche on est amoureux, je l'ai emmené à la mer, là où elle voulait aller et puis on a marché longuement sur la plage et on s'est assis à un café quand un café à ouvert. Et puis on a causé jusqu'à ce que je dise qu'il fallait peut-être que je rentre pour me débarbouiller etc. elle dit ok et on se quitte. Je retourne sournoisement chez Pipo et je lui pique une bouteille de liquide que j'aime beaucoup, une bouteille de whisky que je lui rembourserai demain quand il me le demandera. Et je la bois en venant chez toi. Voilà toute l'histoire. Soudainement, d'une voix aigue, il vient de se recevoir le ballon que Coronille lance dans la tête. J'ai vu un chat écrasé en revenant tu sais... c'était très moche mais ma copine est très belle, elle.

Coronille_ elle cesse un instant de lancer le ballon. Plus que moi? Reprend le jeu du ballon, indique son ventre. Regarde, je suis enceinte d'un ballon jaune, c'est le chanteur là qui me l'a fait. On s'est rencontré lors d'un concert... ou je sais plus. Intriguée. Elle est plus jolie que moi ta copine? Et c'est quoi son petit nom? Tu as du bien t'amuser... Distraite. Et je ne crois pas que j'y serai allé de toute manière parce que moi danser c'est pas trop mon truc en ce moment...

Iwan_ Elle est plus jolie que toi oui. Il sourit niaisement, redevient sérieux. Il reprend son ballon et le tripote dans tous les sens. C'est pas du tout pareil en fait. Elle est blonde et elle a les yeux noirs tandis que toi tu es brune et tes yeux sont noirs. Elle est grande et mince et toi tu es petite et maigrichonne.

Coronille_ étonnée. Tu me trouve maigrichonne? Elle lance son ballon devant elle. Regarde ce ballon, on dirait qu'il va voler vers l'océan derrière la fenêtre... dommage qu'il n'aille pas vers la fenêtre... Un temps. Enthousiaste, sortie de sa rêverie. Tu sais quoi? J'ai carrément envie ou bien de faire l'amour ou bien d'écouter un autre CD. Ou alors de parler. Mais je vois que tu es d'humeur parlante toi aussi aujourd'hui alors j'aime bien quand tu es dans cet état parce que ça veut dire que je peux être écouteuse et j'aime bien être écouteuse de ce que toi tu dis parce que tu ne dis pas très souvent.

Iwan_ Je suis de très bonne humeur ouais... attend, je reviens._ Il sort de scène.

Coronille_ Elle gonfle trois ballons et se met à jongler avec. Elle sort celui qu'elle avait contre le ventre avec une grimace de douleur feinte et sourit avec attendrissement au ballon. Si seulement j'avais l'impression d'être réelle... enfin, je sais qu'on est pas dans matrix et tout, je sais que je suis quand même pas un halogène, non, pas un halogène, comment ça s'appelle? Un hologramme. Je sais que je suis pas un hologramme ou un dessin ou un de ces trucs virtuels... mais j'ai l'impression d'être dans un monde parallèle... elle secoue le ballon autour de sa tête avec un grand sourire. Hou! Qu'il est mignon... quel beau ballon madame, vraiment il est réussi. C'est un ballon prodige, cette teinte est réellement exceptionnelle! Est-ce qu'il me trouve maigre Iwan ou est-ce que c'est juste pour me charrier? Elle regarde son ventre, en effet on voit ses côtes à travers la peau. Est-ce qu'il me parle de sa copine pour me rendre jalouse ou est-ce que je suis vraiment jalouse? Non, je ne le suis pas. Parce que je m'en fous qu'il couche avec une autre que moi vu qu'on couche pas ensemble et que je n'ai aucune envie de coucher avec lui. Ses yeux s'ouvrent en grand, elle lance le ballon à l'autre bout de la pièce. Ça fait longtemps que je n'ai pas fait l'amour. Au moins deux jours. C'est fou. Deux jours que je suis enfermée ici? Merde! Deux jours que je n'ai pas mangé! C'est normal qu'il me trouve maigrichonne alors! Mais vraiment quelle étourdie je fais!

Iwan rentre sur scène, un sachet en main qu'il tend à Coronille. Elle l'ouvre et en sort un plateau-repas avec des sushis et des fruits coupés en morceaux. Elle sourit à Iwan et pique chaque met avec délicatesse, un par un sans se presser.

Coronille_ Merci beaucoup Iwan! Tu sais, ça fait deux jours que je n'ai rien avalé, c'est pour ça que tu me trouvais un peu maigre... mais après là, après avoir mangé ça ça ira mieux, beaucoup mieux tu verras tu me trouveras tout à fait normale de corpulence. C'est très bon tu sais... elle prend un ballon qu'elle gonfle à demi, elle le glisse sous son t-shirt. Tu vois, j'ai repris du poil de la bête hein? Alors cette fille, je la vois quand? Parce que tu sais, c'est intéressant les filles comme ça dont tu tombes amoureux... Elle sourit. parce que je veux pas dire en disant ça que c'est souvent que ça t'arrives mais que souvent elles sont marrantes. Elles ne me ressemblent pas du tout et elles sont rigolotes au possible. Pourquoi tu ne les gardes pas ces filles? Pourquoi est-ce qu'elles sortent de ta vie comme elles y rentrent Iwan?

Iwan_dépité. Je ne sais pas... Joyeux, de plus en plus expressif, enthousiaste. Mais elle, elle restera, j'en suis certain. Elle est vraiment trop... trop! Vraiment bien vraiment vraiment géniale elle est tu vois. C'est pas parce qu'elle te ressemble pas, c'est pas ça... enfin, peut-être aussi parce que j'aimerai pas une copine qui te ressemble, j'ai déjà assez de toi comme exorbitée dans ma vie. Tu sais, je devrais peut-être rentrer chez moi prendre une douche tu ne crois pas? Non hein... tu préfère que j'attende ici et puis qu'après tu rencontre Dina et que tu me dise ce que tu en penses... mais elle est géniale, tu ne pourras en penser que du bien. Ou alors rien de mal. Tu sais ce que j'aimerai lui offrir? J'aimerai lui offrir le monde et une chaine hi-fi. Une chaine hi-fi c'est parce qu'elle n'aime pas la musique et le monde c'est parce qu'elle est vraiment bien ancrée dedans. Tu verras, tu verras c'est une gravure de mode Dina. Il reprend son ballon de tout à l'heure qui était près de la porte et il le passe d'une main à l'autre en se dandinant. Elle est sur son 31 tous les jours, elle est très belle et jamais négligée. Elle porte toujours des t-shirts et des pantalons. Des fois des jupes, je le sais parce que dans son armoire j'ai vu des jupes. Je suis allé chez elle tu sais... bon, en attendant de pouvoir lui offrir le monde je vais aller acheter une chaine hi-fi. Quoi que... Il regarde Coronille. Coro', tu t'en sers beaucoup de ce poste ou pas?

Coronille_ elle hausse les épaules et caresse distraitement le ballon contre son ventre. Tu peux le prendre, de toute façon j'écoute tous les jours la musique dessus. Alors je t'écoute, je n'ai plus envie de parler maintenant, j'ai seulement envie de t'écouter parler. Tu peux parler de ta chérie si tu veux et tu peux aussi me parler de mes ballons ou alors de... je ne sais pas, il paraît qu'il y a eu des séismes cette semaine, c'est vrai?

Iwan_ en Chine oui. En Birmanie aussi, mais c'était pas un séisme. Il sourit de plus en plus au fur et à mesure, il laisse tomber son ballon et se rassoit dans le canapé, penché en avant, les mains liées. Dina elle arrive dans pas longtemps ici, je l'ai appelée elle va arriver bientôt. En plus chez toi c'est pas compliqué à trouver, c'est directement sur la rue, dès que tu sors de l'immeuble. Et puis comme y a mon nom sur l'interphone ça devrait aller. Elle connaît mon nom je crois lui avoir dit tout à l'heure ou hier... elle va venir avec nous jeter les ballons. C'est bien non? Tu es heureuse Coronille? Je te trouve un peu songeuse quand même... tu ne devrais pas songer tu sais, c'est très mauvais pour tout ça. Il montre le torse de Coronille et pose une main sur son sein droit. Ton coeur risque d'en prendre un coup. Ah non il est de l'autre côté le coeur c'est vrai... il déplace sa main sur le sein gauche. ça ne te fais rien que je touche ta poitrine comme ça? Je sais que je ne te fais aucun effet. Avant ça m'avait vexé tu sais? Tu savais? Non? Si tu le savais, je te l'ai déjà dit mille fois, ne fais pas celle qui ne sait pas juste pour me faire plaisir, je sais que tout ce que je te dis tu le sais déjà. Je sais même que tu penses que Dina ça va encore finir comme pour les autres. Et je suis sur que tu crois que je vais terminer ma vie avec toi à gonfler des ballons et à danser sur de la musique... et bien non. Ma vie elle se terminera avec Dina, je le sais, je le sens. Ça se sent ces choses là tu sais... j'avais encore jamais ressenti ça. Tu aimerais accoucher Coronille? Je me demandais une chose hier, quand Dina m'a dit qu'elle était stérile et que son rêve c'était d'avoir des enfants. Mais tu seras pas obligée de dire oui même si j'aimerai beaucoup que tu dise oui...

Coronille_ distraitement. Oui...

Iwan_joyeux. Cool! Bon, j'en étais où? Ah je parlais de ma mère je crois... tu sais qu'elle est partie se promener toute seule en Inde? À dos d'éléphant avec mon père je crois. Elle est vraiment folle pour une vieille de son âge d'entraîner un vieux de l'âge de mon père dans un périple comme ça dans un pays comme ça... tu sais que les gens conduisent comme des fous là-bas? Dina aimerait bien aller en Inde... je l'y emmènerai parce que ça doit être vraiment très beau et que je me ferai un plaisir de martyriser les vaches sacrées. effaré Tu savais qu'en Inde ils sacralisaient les vaches?

Coronille
_ intéressée.
les vaches c'est les animaux que les profs ils disaient qu'on y ressemblait quand on mâchait des chewing-gum? J'ai jamais beaucoup aimé les gomme à mâcher, je trouve ça dégueulasse. Mais avant en cours j'en mangeais systématiquement.

Iwan_il sourit. Pour provoquer la colère des profs je sais Coro je sais... et au final ils voulaient tous coucher avec toi!

Coronille_ mais non, tu confonds tout !! je voulais pas coucher avec eux, c'est eux qui me faisaient des avances, à partir du lycée... quand ils ont vu que j'étais quelqu'un de spécial qui était capable de comprendre tout ce qu'ils disaient sans même écouter. Iwan lui lance un regard a la fois surpris et en colère. Je suis pas surdouée me regarde pas comme ça, tu le savais que j'avais des bonnes notes sans même écouter le cours. Ah, tu me regarde comme ça à cause de... elle montre son torse, embarrassée.
Elle a mit à l'emplacement de ses seins deux ballons et un nouveau encore plus gros qu'auparavant sur son ventre. Elle en éclate un avec une pince qu'elle avait dans les cheveux et se lève tranquillement du tapis pour aller ouvrir la porte avec lenteur. Elle fait un grand sourire à l'inconnu et ouvre la porte plus grand. Une femme entre, c'est Dina, elle est blonde et ses yeux sont noirs. Elle est élancée et fait deux bonnes têtes de plus que Coronille qui lève la tête pour la regarder. Elle a un petit sourire moqueur. Elle referme la porte et retourne s'asseoir sur le tapis où elle gonfle une dizaine de ballons très rapidement. Iwan et Dina pendant ce temps échangent des regards et des minauderies que le public n'entend pas. Finalement ils se regardent tout trois et Coronille éclate de rire, faisant rougir les deux autres.

Coronille_ bon! Va falloir qu'on y aille les enfants hein! Je prends deux ballons, plus ceux que j'ai déjà sur moi et puis vous prenez le reste. Tiens Dina, Iwan t'offre mon poste de radio parce qu'il paraît que tu n'aimes pas la musique. Bon. On y va? Ne me regardez pas comme ça, reprenez-vous et allons-y, je ne veux pas rater ce lancer de ballon, j'aime trop cette vue... suivez-moi et chargez-vous, c'est ça le poids de l'amour. Faut oublier les meilleurs amis parce que sinon ils deviennent vite très encombrants et moi comme fille je suis véritablement encombrante. C'est pour ça qu'il n'y a qu'un canapé ici. Enfin non, c'est parce que je n'ai pas besoin de plus de meubles, la baie vitrée et les ballons me suffisent. J'aimerai une nouvelle chaine hi-fi puisque vous m'ôtez celle-ci. C'est compris? Allons-y. Elle sort de l'appartement bientôt suivie par les deux autres perturbés et toujours aussi rouges. Ils ne parlent pas, ils emportent seulement les ballons avec eux et sortent sans refermer la porte.


Scène 2.
Ils sont maintenant entourés de gens souriants dont les bras sont pleins de ballons qui tendent vers le ciel. Le ciel est bleu, ils sont dehors.


Un homme_ il crie. Un, deux, trois, lâchez!

Tout le monde lâche ses ballons et l'on voit dans le ciel des boules multicolores monter, Coronille affiche un air émerveillé et oublie totalement que ses ballons à elle ne sont pas montés, au contraire, ils sont sur le sol et volètent au rythme du vent. En haut c'est magnifique, tous ont les yeux levés vers le ciel sauf Iwan et sa compagne qui se désolent de l'inaction de leurs ballons gonflés à l'air ambiant. Ils sortent furtivement de scène les uns après les autres jusqu'à ce que Coronille se retrouve seule sur scène. Rideau.
# Posté le mercredi 21 mai 2008 01:26
Modifié le mercredi 21 mai 2008 11:30

Thème n°4

Thème n°4
1) Écrire un texte sur l'une des images suivantes:
Image 1
Image 2



2) Un crime.



Merci beaucoup à tous les participants de ce thème.
[Thème fermé]
8 Textes ont été postés...
# Posté le mercredi 21 mai 2008 01:27
Modifié le mardi 17 juin 2008 05:54

[1]Texte de Nana

Texte de Nana
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Le ciel est un univers étrange, qui change de couleur avec le temps, qui voit les nuages l'habiter et lui donner vie. Le ciel est peut-être vivant, il peut être rayonnant ou pleurer encore et encore sur nous, pauvres mortels. Dans ce nous, il y a moi. Et moi, est-ce que je suis vivante, comme le ciel ? Est-ce que je peux pleurer ou rayonner, selon les moments ? Ce sont les questions que je me pose, quand je le regarde défiler sous mes yeux, tandis que je me sens me raidir, m'endormir, ici, dans un simple carton. La solitude, l'indifférence, le silence. Tant de chose qui fait mal mais qui me fait tellement de bien. Qui me laisse m'enfermer dans mon monde, dans mon originalité marginale, que personne ne comprend. Le ciel, lui, il me comprend, il me laisse l'observer, y noyer mon attention, il me laisse pleurer en le regardant, sans me juger, sans me dire de sécher mes larmes, sans me dire que la vie, c'est ça.
Les nuages se déplacent, le ciel se teinte d'orangé, pourtant il fait jour. L'automne est là, plus présent que jamais, aussi monotone qu'à l'accoutumé. Mais au fond, qu'est-ce que ça change ? Hiver, printemps, été, automne. Ce sont des mots inventés, pour pouvoir se rassurer quant aux changements d'états du ciel et de la terre avec le temps. Un cycle sans fin, qui a existé avant moi, et qui existera lorsque je disparaitrai, moi aussi, comme tout les autres avant moi. Je sens un souffle de vent caresser ma joue, j'ai mal à la tête, de la garder trop longtemps en bas, tandis que mes jambes sont plus hautes. J'ai mal, mais je m'en fiche. Quelqu'un finira par venir me chercher, me dire de rentrer, lorsqu'ils remarqueront que je ne suis pas là, que je suis encore ici, à pleurer sur mon sort, comme ils aiment à le dire. Je pleure sur le vôtre, effroyables créatures que sont les êtres humains, de détruire une si belle nature que celle qu'on nous a donnée. De détruire ce ciel, qui me fascine, qui m'obsède. On en voit jamais le commencement, on en voit jamais la fin. Un cycle sans fin, la planète n'est faite que de ça, des cycles qui se renouvellent à l'infini, à l'image de la vie, qui engendre la mort, qui engendre elle-même la vie.
Et moi dans tout ça ? Je ne suis qu'un pion, je grouille sur terre comme tout les autres, en pensant à ce que je vais faire avant de mourir. La vie est si courte qu'ils me disent, pourtant, elle me paraît si longue et affligeante. Je suis trop faible pour la supporter, peut-être. La mort survient lorsqu'on ne peut plus supporter la vie, comme deux compagnons distincts, dont on ne sait jamais lequel est le mauvais, et lequel est le bon. Il est différent pour chacun, et moi, je ne sais pas où me positionner. La fragilité d'une personne traduit le fait qu'elle veuille choisir la mort, tandis que le courage d'une autre traduit son aptitude à subir la vie.
Et moi ? Je ne suis qu'une adolescente comme les autres, qui découvre la vie, et qui n'arrive malheureusement pas à mordre dedans. Une simple jeune fille qui n'ose pas apprendre à vivre, parce que je suis tellement faible, au fond. J'aimerais bien être comme celles qui ne savent pas ce que la vie va leur faire, qui n'imaginent pas la cruauté de celle-ci, j'aimerais juste être naïve et optimiste, tel cette majorité de gens qui vive la vie sans comprendre qu'elle n'aboutira qu'à la mort, qu'il n'y aura aucune continuité de ce qu'ils essayent de construire. Je ne sais pas si je suis forte, folle, ou faible, au final, mais n'importe quel humain s'accorderait à dire que je suis mentalement fragile, à l'image de ce foutu carton, qui pourtant est mon seul refuge face à ce monde qui m'angoisse.

# Posté le jeudi 05 juin 2008 15:14
Modifié le mercredi 11 juin 2008 07:28