[2]Texte de Alexia

Texte de Alexia
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Assassinat prémédité

Je suis un livre et je viens de mourir. Dans d'atroces souffrances et dans une incompréhension totale, mais surtout de manière très sotte et ridicule. Je me rends maintenant compte à quel point ma mort était pathétique... vraiment. C'est presque si j'ai plus souffert de mon humiliation (car il s'agissait vraiment d'une humiliation !) que des blessures que l'on m'a infligé. Non, vraiment, aucun livre ne devrait connaître une fin pareille, c'est vraiment trop risible. Ca fiche un coup dans mon amour-propre. Enfin... Il me semble que vous attendez mon histoire. Car si je prends plaisir à faire ce charmant monologue, c'est surtout pour vous raconter l'histoire de ma vie qui tient en deux mots : courte et ennuyeuse. Mis à part ma mort qui, elle, est un tournant assez spécial de ma fugace existence. Mais je vais vous raconter les deux, je vais remplir ma fonction de livre : raconter. Enfin, c'était ma fonction, plutôt, vu que je suis mort. Alors, cher lecteur, j'ai l'honneur et la joie de me dévoiler grâce à mes maîtres-mots (au sens littéral du terme). Pour avoir l'air encore plus pathétique que je ne le suis, permettez-moi de revenir en arrière...

Flash back :
Je venais d'être très récemment mis en forme, comme la plupart de mes frères et collègues, lorsque je suis arrivé dans une petite librairie. Tout jeune roman que j'étais, courageux, aventureux et fougueux, j'avais fui cette librairie de quartier pour me réfugier sur une étagère poussiéreuse. Bon, ok, j'avoue, je n'étais ni courageux, ni aventureux et encore moins fougueux, mais que voulez-vous, il faut bien que j'essaye de donner de l'intérêt et pourquoi pas encore plus de pathétique à mon histoire, non ? En plus, avouez que sans cela vous seriez mort d'ennui dès la première ligne. Bref, je continue mon récit. J'étais là, donc, sur cette étagère de bois d'une chambre presque toujours inanimée, serré entre deux autres volumes qui, je dois dire, sentaient les années d'enfermement et d'immobilité. Et la poussière, aussi, beaucoup. A ce moment-là, je ne me suis pas plaint : je sentais le neuf, l'encre encore presque fraîche et le papier nouveau, encore bien blanc. Fier d'être le plus jeune ouvrage de l'étagère, je prenais sur moi et attendais patiemment la suite. Un peu comme vous qui attendez la suite de mon histoire.
Je commençais à m'ennuyer très sérieusement lorsque, pour la première et unique péripétie de ma vie d'assemblage de feuilles de papier, j'avais été choisi par une main douce et volontaire. Une lectrice d'âge moyen, encore jeune même, passionnée ou tout simplement curieuse, probablement attirée par la couleur pâle de ma couverture ou par le titre que l'on m'avait conféré, m'avait tiré d'entre les deux autres vieux romans après avoir effleuré chaque dos du bout de ses doigts. J'étais tellement heureux de ne plus avoir cette fonction d'objet de décoration, là-haut sur mon perchoir monotone ! La jeune fille caressait ma couverture, un sourire aux lèvres. J'avais même perçu son impatience à découvrir ce que je renfermais dans mon corps de papier et d'encre. Quand enfin elle s'était installée, je m'étais senti frémir sous ses doigts lorsqu'elle avait tourné les premières pages. Ma joie d'être lu était à son paroxysme lorsqu'elle a décidé de me reposer un moment afin de reprendre sa lecture plus tard. Elle ne pouvait certainement pas tout lire d'une seule traite. C'est alors que, pour la première fois, j'ai pu renfermer un marque-pages dans mon océan de mots et de phrases. Ca faisait tout drôle, mais j'y pensais à peine. La lectrice m'avait abandonné sur la table basse du salon. Bon, ça reste un acte banal, guère intéressant. Mais la suite arrive. Je dois cependant dire que, sur le coup, j'ai pensé très fortement que c'était bien plus agréable d'être sur cette table basse que sur l'étagère de la chambre. En vérité, je me suis leurré.
Je ruminais encore mes sombres pensées lorsque j'ai été tiré de ma pseudo-déception par une paire de mains saboteuses et potelées. Des mains fortes, très jeunes, enfantines, maladroites. Des mains qui me tenaient fermement et qui avait malencontreusement fait tomber le marque-page au sol. Des mains qui, ne sachant vraiment que faire de ma pauvre personne, m'avait amené à la rencontre d'une bouche édentée et pleine de bave (car ce ne pouvait être de la salive, non, non, c'était bien trop bestial pour cela)... J'étais dégoûté, j'en grimace encore, d'ailleurs. C'est alors que je me suis senti hurler, on m'arrachait le corps. On me secouait dans tous les sens, les pages ne pouvant résister à toute cette violence animale qui me balançait au sol, contre la table ou même contre le mur. On me mâchait, aussi, mes feuilles devenaient molles, pleines de bave, l'encre coulait, bavait, elle aussi, en harmonie avec le bambin hystérique. On me griffait, battait, déchirait, balançait, mâchait, piétinait, retournait, que sais-je encore ? Je crois avoir enduré les pires tortures. J'étais en miettes, tout simplement. Il m'a semblé avoir entendu crier la jeune fille envers son jeune frère qui continuait à me tordre dans tous les sens, à me mettre en confettis, tout en riant aux éclats. Oui, elle a bel et bien crié et corrigé le garnement. Mais c'était trop tard.

J'ai fini ainsi, oui. Broyé, éventré, déchiré... mort, en somme. Par un enfant à peine né en plus ! Quand je vous disais que ma mort était pathétique. A la limite du comique même. L'intrigue de ma vie, comme vous avez pu le constater, aura par ailleurs été peu intéressante, il n'y avait aucun suspens. Personne n'aura eu le temps de finir de me lire... Même pas cette douce et honnête jeune fille aux doigts si délicats. Ainsi, je vous quitte sur une pensée : je suis sûr que cet assassinat avait été prémédité !


# Posté le mercredi 11 juin 2008 07:55
Modifié le mercredi 11 juin 2008 08:11

[3]Texte de Anaïs

Texte de Anaïs
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Ma Folie Criminelle.

Minuit, l'heure du crime... J'ai toujours pensé que l'histoire de mon premier meurtre commencerait ainsi. Aujourd'hui je l'ai fait. J'ai accomplis cet acte qui m'obsédait. J'ai enfin tué. Un homme. Choisi au hasard parmi tant d'autres, tant d'êtres humains. Il aurait pu être une femme, un enfant, une personne âgée, cela aurait été la même. Je me sens sereine à présent... Prête à recommencer à tout moment. Je ne pensais pas être capable de tant de haine. Tellement de ranc½ur et de sadisme. Si vous saviez combien les humains me dégoutent. Je suis folle. Oui folle, et j'aime cela ! Entendre chuchoter mon nom et les dires sur moi me fait jubiler. Son regard, épouvanté... J'ai jouis de voir qu'il était effrayé. Son corps, se tordant de douleur... J'ai goûté au bonheur de le voir meurtris. Et sa voix, suppliante... Douce mélodie qui trotte dans ma tête et emplie mon c½ur de satisfaction. Je suis folle, folle à lier. La raison se trouve dans ma tête, mes souvenirs, mon c½ur qui... Cela n'a pas été dur de l'amadouer. Jolie demoiselle en détresse cherche preux chevalier pour la sauver. Il m'a emmené chez lui et sans attendre voulu me faire l'amour. Alors qu'il commençait à me déshabiller, je le poignardais au flanc droit. Il se replia sur lui-même, braillant. Je lui enfournais dans la bouche le premier vêtement que je trouvais. Je voulais qu'il se taise pendant que j'opérais. Seuls de petits gémissements étaient perceptibles. J'eus un moment d'hésitation. Étais-je assez folle pour accomplir mon dessein ? Il n'y a que les fous pour se poser ce genre de questions. Je récupérais mon couteau souillé de sang. Je ne savais par quoi commencer. Le tuer de suite, ou bien le torturer ? Peut-être devrais-je, pour ma première fois, m'entrainer. Alors, c'est d'un coup bien placé au niveau de la nuque que je l'achevai. Il était à présent tout à moi. Enfin son corps. Inerte. Trop inerte en fait. Folie, quand tu nous tiens... Il n'était plus intéressant. Je pris quand même soin de graver avec la pointe de ma lame un c½ur brisé au niveau de son sein gauche. Mon c½ur autrefois si vivant. À croire qu'il bat à présent dans le vide. Je sortis de l'appartement, les mains et les joues rouges sang. J'étais heureuse. La prochaine fois j'attendrais le Septième Ciel. Folie, toi, la seule qui m'aime, qui me fasse exister. Je me suis abandonnée à toi cette nuit. Notre union est à jamais scellée.


# Posté le mercredi 11 juin 2008 08:01

[4] & [5]Textes de Luna

 & Textes de Luna

Aujourd'hui il fait beau. Tout le monde sort et profite des beaux jours. Les personnes âgées s'assois sur un banc et se raconte tous les potins du quartier. Les adultes amènent leurs enfants au parc. Les adolescents se bécotent dans l'herbe fraiche. Et les plus jeunes se font glisser sur le toboggan. Ils sont tous dehors sauf lui. Lui qui les regardent à travers une vitre sale et fissurée du rez-de-chaussée de l'immeuble. Il les déteste tous. Ils sont heureux, il ne l'a jamais été. Jamais on ne l'a amené jouer au tourniquet, jamais il n'a une de petite copine... Sa vie est juste celle d'un orphelin se retrouvant concierge d'un immeuble pour gagner sa vie. Cette injustice le dégoute. Il a bien essayé d'être heureux, mais c'est impossible. Il ne peut pas. Alors la seule chose qu'il lui reste à faire c'est de les rendre aussi malheureux. Pour se sentir moi seul dans la détresse. La chaleur est étouffante, alors il ouvrer légèrement la fenêtre. Il le regrette. De la il entend leurs rires.
- Maman, maman ! Regarde je m'envole !
- Oui ma chérie, mais fait attention ne te balance pas trop haut c'est dangereux
Qu'ils se taisent ! Il ne tiendra pas
Et puis un gros ballon atterrit devant ses yeux, au dessous de sa fenêtre d'où il regarde tout se bonheur répugnant. Le petit portail grince et la petite frimousse timide d'une petite rousse apparait.
- Monsieur, j'ai fait tomber mon ballon. Je peux le récupérer s'il vous plait
Et il lui sort le plus beau sourire hypocrite
- Mais bien sur jeune fille.
La demoiselle s'approche doucement, se tordant les doigts derrière son dos, signe de timidité. Elle se baisse pour attraper l'objet convoité et se relève avec grâce le sourire aux lèvres.
- Merci beaucoup monsieur
Mais sa phrase est à peine finie que déjà il l'empoigne et la fait basculer de l'autre coté du rebord de fenêtre, l'allongeant brutalement sur la petit table de bois. Très vite, ses petites pommettes rosées sont ravagées par les larmes. Cette observation dessine un sourire au coin à son agresseur. Il fit glisser la petite robe fushia de la jeune fille et pose ses lèvres chaudes répugnantes sur chaque parcelle de sa peau frêle. Il s'approche de sa bouche, et avec son haleine fétide l'embrasse goulument. La petite et terrorisée et ne comprend pas vraiment ce qu'il lui arrive. Elle ne comprend pas ce qu'il fait et pourquoi. Elle sait juste qu'elle a peur et qu'il lui fait mal. Mais ça, il s'en contre fiche. C'est ce qu'il veut. Pour une fois les rôles s'inversent, il est heureux, rien qu'un instant et elle est malheureuse. Et quand enfin il a finit de la faire souffrir, il remonte son pantalon un sourire scotché sur sa bouche, empoigne le ballon et lui dit : Tiens ma demoiselle voici ton ballon.






Clac, Clac, Clac
C'est les pas d'Anna qui résonnent dans la rue. Comme tous les soirs, la petite blondinette rentre du collège avec ses amies qu'elle vient tout juste de quitter au croisement. Les séparations sont toujours dures même si elles se revoient le lendemain en cours. Quoi de plus normal pour une jeune fille de quatorze ans? Alors elle traine des pieds, retardant le moment ou elle devra présenter son bulletin de colle a sa mère. Son premier : elle avait été fière en le recevant vous savez ? Mais pour ce qui est de le montrer aux parents.

Plic, Plic, Plic
Et voila que le ciel commence à pleurer. La ruelle s'assombrit et chaque bâtiment dessine sont ombre sur les pavés glissants. Ses longs cheveux d'un blond doré virevoltent au gré de vent et Anna presse le pas. Elle arrive bientôt. Regarde, sa maison est juste la, au bout de la rue, tu la vois ? Là ce grand arbre, c'est la que jouait Anna quand elle était petite. Même qu'une fois elle en était tombé et avait fondue en larme. Là, sur la place en face c'est le parc ou elle va souvent avec ses amies.
Et la cette grande silhouette noire ? C'est lui. Oh non pas lui, pas ici, pas maintenant, pas elle. Fais quelque chose, fais le trébucher. Attrape Anna mais par pitié fais quelque chose. Tu sais, il n'est pas venue la pour elle, mais dès qu'il la verra il ne pourra pas s'en empêcher. Ces filles sont devenues une drogue. Écarte la de sa vue. Empêche-le de la voir et de lui attraper le poignet si brutalement. Empêche-le de l'amener dans cette ruelle sombre. Ôte-lui ses mains de la peau si frêle d'Anna. Fais en sorte qu'il arrête de lui toucher les cheveux, qu'il arrête d'enlever ses vêtements en touchant chaque parcelle de son corps. Tu vois les grosses larmes d'Anna ? C'est de ta faute. Regarde ses yeux à lui. Auparavant d'un bleu océan. Ils sont maintenant d'un noir profond. Il est trop tard, tu ne pourras plus l'en empêcher. Tu n'as plus qu'a regardé le spectacle dut a ton inactivité. Regarde le serrer les poignets d'Anna jusqu'à ce que ces doigts ne bleuissent. Regarde-le la faire monter en haut de son immeuble sur ce toit. Regardes le l'obliger à écrire ces affreux mensonges. Non, ne tourne pas la tète. Tu dois voir ce dont tu es responsable.
Culpabilise ! Tu le mérites bien. C'est cause de toi. Observes le diminuer petit à petit l'écart qui sépare ses ballerines du vide. Ne ferme pas les yeux. Regarde le partir en courant. Et maintenant écoute ! Écoute le craquement de ses os fragiles sur l'asphalte. Écoute le rire cristallin de cet homme vêtu tout de noir déjà présent à l'autre bout de la rue. Attend et écoute les hurlements d'une mère qui culpabilise, se croyant coupable du suicide de sa vie. Réécoute ces craquements que cette femme a produit en rejoignait sa fille au sol.
Et maintenant pose toi juste une question. Le meurtrier c'est lui. Mais celui qui est coupable de sa mort, est ce lui ou toi ?


# Posté le mercredi 11 juin 2008 08:23
Modifié le mercredi 11 juin 2008 08:34

[6]Texte de Lipcaf

Texte de Lipcaf

Papa m'envoyait encore une fois là-dedans! Je déteste faire ça, c'est horrible, et j'ai tellement honte de parler devant tout ces gens.. "Je prendrais le RER suivant." qu'il m'avait dit, mais devoir se taper tout le train... En mendiant... Quelle horreur! Pourtant j'avais pas toujours été obligé de le faire. Au début c'était "pour rire", même si je préférais rire en jouant avec mes copains. Maintenant que je suis grand, c'est obligé, parce que papa il travaille pas, et il faut bien qu'on rapporte à manger.. Comme d'habitude, le train puait, et faisait un bruit d'enfer : il fallait parler fort, il fallait se faire entendre, il fallait donner pitié aux gens assis là, des gens tout comme moi, mais que l'argent avait rendus arrogants.
Tchouk-ou-Tchouk-ou-Tchouk-ou.. Quelle vacarme! Et.. Hmm.. Quelle odeur.. Le RER de Paris est en effet exceptionnel à ces égards! Kareen observait par la fenêtre le paysage de banlieue défiler sous ses yeux.. Des barres d'immeubles, accolées à des pavillons tous identiques, un espace vert qui semble agréable vu d'ici, toute une vie en accélérée. La petite fille qui se trémoussait sur ses genoux, c'était la sienne : une petite brune, tout comme elle, et teigneuse! Ses couettes lui donnait un air à la Fifi Brindacier, mais elle avait déjà 9 ans, et Kareen sentait bien son poids sur ses jambes. Quelle idée elle avait eu de laisser la place assise à la vieille peau à côté d'elle, les vieux ont pas à travailler, donc pas besoin de se reposer!
Le mercredi, Kareen faisait souvent ce voyage jusqu'aux Halles, de quoi faire quelques courses et se détendre. Aujourd'hui elle avait décidé d'y emmener Morgane pour lui acheter des nouvelles chaussures, car elle arrivait à user les siennes à une allure folle. Et comme d'habitude, au retour, un pauvre petit bonhomme était entré, et avait commencé sa réclame au centre du wagon. Quoi qu'il arrive, Kareen avait le c½ur déchiré par ce que ces pauvres enfants étaient obligés de faire. Elle tenta de détourner les yeux, de regarder au dehors, mais elle ne pouvait s'empêcher d'écouter. Quand il passa dans le rang, sa pauvre main tendue, et le regard suppliant, Morgane se retourna vers sa re : "Alors maman? Tu as une pièce non? Tu la donne hein?". Elle eu beau tenter de lui expliquer que si on le faisait pour un, on le faisait pour tous, Morgane ne voulait pas comprendre, et baissa les yeux quand le garçon passa ps d'eux..
"Il a dit que si tu lui donnait pas, il pourrait pas manger.. Et si il peut pas manger, il va mourir.. Pourquoi t'as pas voulu maman? C'est comme si tu le tuais!" Morgane était très remontée, mais elle oublierait vite. Seulement, sur le coup, Kareen ne pu qu'avouer que sa fille avait raison : qui sait si le petit garçon d'aujourd'hui n'était pas vraiment dans le besoin? Elle aurait au moins pu lui donner un petit quelque chose. La honte lui tordait l'estomac.
Au final, ça avait plutôt bien marché aujourd'hui! Pas de problème, et les gens avaient été généreux, il pourrait même se garder une partie de l'argent pour lui, et tant pis pour son père. Non c'est vrai quoi, il avait bien le droit d'en profiter un peu! Et maintenant, direction le stade pour jouer avec les potes! J'étais déjà en retard, fallait aller vite!
En si peu de temps, ça pouvait le faire, fallait juste courir un peu, traverser le parc où tous les gamins jouent du matin au soir et passer dans le jardin de la vieille folle (Elle en voulait toujours à ceux qui passait chez elle)! Marius s'élança à toute allure,et il aurait tôt fait de rejoindre le stade. Il connaissait le chemin par c½ur!
Kareen n'avait pas pu garer la voiture juste devant la gare, fallait marcher un peu, et elles retrouveraient la Fiat rouge. Elle avait économisé pour pouvoir se l'acheter il y a quelques années, maintenant, cette voiture semblait vieillotte, mais Morgane adorait courir vers elle pour faire la course avec sa mère : "Oui oui Morgane, t'as gagné! Fiouh!" Ça faisait tant plaisir à sa fille de la savoir épuisée, pensa-t'elle avec le sourire.
Aux alentours de la gare, il y avait des bouchons partout à cause des deux feux rouges.. qui d'ailleurs étaient toujours plus rouges que verts! Morgane avait choisit la radio, pour ne pas changer, et chantait à tue tête le refrain d'une de ses chansons préférés qu'elle connaissait.. Presque par c½ur! On pouvait pas dire que ce soit très juste, mais c'était si beau de la voir se défouler comme ça!
Choquée, Kareen s'arrêta immédiatement. Elle n'avait rien vu! Elle l'avait pourtant bien sentit et son c½ur se souleva tout à coup. Sa fille à côté venait de hurler, elle n'y fit pas attention. Regardant autour d'elle le moteur toujours allumé, elle le vit au sol, allongé et immobile. Elle se serait attendue à des flaques de sang.. Elle se serait attendu à ce qu'il se relève? Elle se serait attendue à tout, sauf à ce corps désarticulé qui gisait devant sa voiture.
C'était le petit mendiant, et sa fille le lui avait bien dit : "C'est comme si tu le tuais!".


# Posté le mercredi 11 juin 2008 08:41
Modifié le dimanche 15 juin 2008 15:07

[7]Texte de Hanna

Texte de Hanna

Elle m'a poussé à bout. Alors je l'ai tuée. Et ne me jugez pas, vous ne savez rien. Je n'avais rien d'un assassin, pourtant les circonstances m'ont poussé au meurtre. Je vais vous raconter toute l'histoire, si vous me le permettez. Approchez et écoutez bien.

Quand je l'ai épousée, je vous assure j'étais l'homme le plus comblé au monde. Nous étions pauvres, mais si heureux ! Je ne savais pas que mon mariage serait un échec. D'ailleurs, je ne peux pas m'en vouloir : rien ne laissait présager que le beau ciel bleu virerait rapidement au gris, et que la foudre s'abattrait sur moi. Je ne savais pas que la femme que j'aimais plus que tout au monde deviendrait ma pire ennemie et me pourrirait la vie.
Oh, au début, c'était trop rien. Quelques petits reproches par ci par là. Comme tous les conjoints qui découvrent au fil du temps les défauts, les sales manies de l'autre. Et puis, au fil du temps, elle s'est transformée en véritable harpie : c'était l'Inquisition en personne. « Et où vas-tu ? Et à quelle heure rentres-tu ? Et avec qui ? » Et les reproches pleuvaient « Pourquoi as-tu fait ça ? Pourquoi tu ne m'as pas demandé la permission... ? » Et « Arrêtes de fumer, arrêtes de faire ci et ça... » Bordel de dieu, je n'avais pas claqué la porte de la maison, encore adolescent, et quitté ma mère pour en retrouver une deuxième ! Elle ne me lâchait pas une seconde, elle m'accablait sans cesse, elle me reprochait tout et n'importe quoi. Si demain, une météorite avait touché la Terre, elle aurait dit que c'était ma faute ! C'est bien simple, elle me donnait le sentiment d'être un mauvais mari, un mauvais père, un mauvais amant, un mauvais professeur : un bon à rien. Et quand elle voyait que ça me plombait le moral, ses yeux brillaient : on aurait dit que ça lui faisait plaisir !
Je vais vous faire une confession : pendant quelques temps, j'ai eu quelques problèmes de pannes au niveau sexuel... C'était très gênant, humiliant même, et elle me le faisait savoir. La garce se foutait ouvertement de ma gueule. Méchamment. Alors qu'elle aurait dû me soutenir. Ne m'avait-elle pas épousé pour le meilleur et pour le pire ?
Et c'est là que j'ai commencé à la détester. Au début, c'était très relatif. Une toute petite flamme de haine brûlait tout au fond de moi, encore vacillante. Puis au fil du temps, la flamme s'est transformée en brasier. Et j'ai pris conscience que je haïssais cette femme de tout mon être, cette femme que j'avais embrassé pour la toute première fois sous le porche de sa maison, après un bal de fin d'année, cette femme à qui j'avais fait l'amour pour la première fois dans le vieux lit tout rouillé de ma chambre d'étudiant. Cette femme que j'avais tant chérie au début, celle là même qui me rendait plus fort que tout. Tout l'amour que je lui portais avait disparu, envolé comme un oiseau. J'avais beau fouiller les moindres recoins de mon c½ur, de mon âme, il n'y avait plus rien d'autre que cette haine brûlante et dévastatrice. Cette petite phrase m'est même revenue : « De l'amour à la haine, il n'y a qu'un pas. » Et je me suis dit que, bon dieu, ce n'était que trop vrai!
Et puis a suivi une période où chacune de ses paroles m'irritait. Même un « bonjour » enjoué. Je ne la supportais plus, je ne voulais plus qu'elle me parle, qu'elle me regarde, qu'elle me touche. Ça me mettait dans une rage folle. Et je n'avais plus envie d'elle. Elle me donnait la migraine. Connasse. Puis la tension entre elle et moi s'est aggravée, on se disputait sans cesse. Peut-être parce qu'en plus, nous n'avions pas d'argent. Nous étions dans un de ces foutus cercles vicieux : elle essayait de regagner mon amour, mais au plus elle me parlait, au plus je la fuyais. Il m'arrivait même de partir 2,3 jours sans lui donner de nouvelles. Alors elle s'est mise à me tarauder de questions toutes plus insupportables les unes que les autres. « Et as-tu vraiment besoin d'aller chez Mike ce soir ? » Quand je voyais ses yeux accusateurs, j'avais presque envie de... (la tuer) la frapper. Oui, un bon poing dans sa sale gueule de fouine aurait été jouissif. Nan mais franchement, qu'est ce qu'elle s'imaginait ? Que Mike et moi on s'organisait une partouze ? Qu'on allait rendre visite aux putes du coin ? Elle ne me faisait plus confiance depuis longtemps et au plus elle me soupçonnait, au plus j'avais envie de faire des conneries. Alors, j'avoue, je me suis mis à me taper une autre femme... Oh, 5 ou 6 fois pas plus, je vous assure. C'était juste pour me soulager. Je n'en pouvais plus. J'étais à bout, constamment irrité, sur les nerfs. Elle était en train de me tuer moralement.
Et un jour, alors que je rentrais du boulot, elle s'est mise à me flairer, soupçonneuse. « Tu sens le parfum pour femme... » Évidemment, je sortais d'une partie de jambes en l'air. Merde, quel con... J'ai répondu que non, qu'elle se montait la tête. Et diable ! Qu'est ce que ça pouvait lui foutre que je m'en fasse une autre, puisque j'étais mauvais au lit selon elle ? Mais elle s'est mise en colère, j'ai vu ses sourcils se froncer, ses yeux bleus se dilataient, sa lèvre supérieure tremblait et elle s'est mise à me cracher des injures à la figure, avec une telle véhémence qu'elle en postillonnait. La salope, elle avait tout compris depuis longtemps ! Et là j'ai su que, même si elle me pardonnait cette infidélité, elle ne me lâcherait plus. Je me voyais déjà rentrer le soir du boulot, et elle, soupçonneuse, tourner autour de moi comme le lion attend sa proie. J'entendais déjà son ton accusateur. Et peut être même qu'elle divorcerait pour faute, emportant le gosse adoré avec elle à tout jamais, m'obligeant à lui payer une pension alimentaire alors que mon maigre salaire ne me le permettait pas. Je me voyais déjà finir ma vie, seul, appauvri par le divorce, dépressif. Je ne voulais pas que ça se passe comme ça... Mais la machine infernale s'était déjà mise en marche, et rien ne pouvait plus l'arrêter. Le tic tac de la bombe s'était enclenché, et un jour tout finirait par m'exploser à la gueule.
Alors une rage folle s'est emparée de moi- je crois que je ne me contrôlai plus. Je me suis jeté sur cette pétasse qui m'avait pourri la vie toutes ces années, laissant libre cours à l'animosité qui m'envahissait depuis tout ce temps. Elle est tombée en arrière, sa tête a heurté le sol avec un bruit mat : elle était sonnée. Je l'ai frappé encore et encore, je ne sais plus combien de fois. Et puis j'ai passé mes mains autour de son cou et j'ai serré, serré, serré... Ses yeux se sont exorbités, son visage est devenu tout bleu, des marques violettes se sont formées sur son cou. Et puis je me suis rendu compte qu'elle était morte.
Oui... je l'ai tuée. Avant qu'elle ne me tue moralement. C'était de sa faute. Au final, elle avait creusé sa propre tombe, je l'ai juste aidée à se coucher dedans. Vous me prenez sûrement pour un psychopathe, un fou. Mais c'était de la légitime défense. Elle m'a poussé à bout.
# Posté le mercredi 11 juin 2008 08:41
Modifié le mardi 17 juin 2008 05:33